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En tête-à-tête avec Andrée Terlizzi

Après 37 ans à enseigner la SVT, Andrée Terlizzi s’est reconvertie pour sa seconde vie en tant que carnettiste, à notre plus grand bonheur. Rencontre avec une artiste qui a appris à dessiner avec les crayons rouges et bleus des anciens architectes.

Comment es-tu devenu dessinatrice ?

J’ai dessiné à l’adolescence au fusain puis j’ai arrêté complètement. Dix ans avant ma retraite j’ai acheté une boite d’aquarelle et je l’ai contemplée car je ne voulais pas la salir, cela a duré 10 ans.

 J’ai acheté le premier livre de Reno Marco sur la Provence, ça m’a plu car ce sont des ébauches de carnet de voyage. A Toulon, je me baladais sur le marché et j’ai vu un aquarelliste au travail avec une boîte d’aquarelle très salie. Cela m’a aidée à me lancer et à oser salir la mienne !  

Je me suis alors lancée dans l’aquarelle 1 an avant ma retraite. J’ai fait un carnet sur l’Angleterre du sud-est et sur la Provence. Des amis me tannaient pour que je présente ces carnets à des éditeurs mais j’étais à la retraite et j’avais envie de me reposer. Jeanne Laffitte, éditrice à Marseille, m’a contactée et a édité mon carnet sur la Provence. Elle m’en a même commandé un par an. J’en ai fait dix avec elle jusqu’à ce que je change d’éditeur.

Désormais je travaille avec l’éditeur Equinoxe qui continue à m’en demander, je viens d’avoir une commande de trois carnets sur le Vercors, les îles Porquerolles, Port-Cros et un livre sur Venise. Ce seront des guides de voyage à l’aquarelle. Je m’impose de lire des livres de voyages et de géographie pour réaliser des livres consistants. Je prépare un itinéraire puis je vais dessiner pendant des jours et des semaines. Je fais moi-même la mise en page de mes carnets. J’étais professeur de SVT donc je maitrise la géologie d’un territoire mais concernant l’histoire géographie, il faut que je me renseigne.

Que présentes-tu au festival ?

Je présente mon carnet « Balades sur les petites routes du mont Ventoux et des Baronnies provençales » (éd. Equinoxe). C’est un endroit magnifique, très connu des cyclistes. Au printemps on est enivré par l’odeur des fleurs de tilleuls, lavandes, genêts, c’est très beau. Je suis restée 3 mois sur place. Il y a beaucoup de recoins, des villages de pierres, etc.

As-tu fait une rencontre marquante en Provence ?

Oui les cyclistes ! Il faut surtout éviter les chocs avec eux lorsqu’on est en voiture…

J’ai aussi rencontré les parents et grands-parents d’un jeune; il lui apprenaient comment, avant, on récoltait, emballait et partait vendre les fleurs au marché. Une belle démonstration que j’ai racontée dans 4 pages du carnet.

Qu’aimes-tu particulièrement dessiner ?

Le livre que j’ai fait sur Aix-en-Provence. J’aime beaucoup dessiner l’architecture d’un lieu. J’avais un père ingénieur et j’ai passé mon enfance à surveiller l’évolution de la construction des barrages et visiter tous les sites romains de Provence. J’ai appris à dessiner avec le crayon rouge et bleu des anciens architectes sur des feuilles de plans hectographiées.

Qu’aimes-tu le moins dessiner ?

J’avais beaucoup de difficultés à dessiner des personnages. En 2015, une amie m’a donné des photos et un cahier d’exercices pour que je pratique. Maintenant je ne dessine plus les gens de dos avec des chapeaux mais de face. Je n’ai jamais pris de cours de dessin, je n’ai pas eu le temps. Si j’avais fait les Beaux-Arts ça aurait été plus facile de dessiner mais ce parcours me laisse une liberté, je fais ce que je veux.

Je refuse de faire des stages pour cette raison car je n’ai pas de technique de dessin particulière, ni de connaissances approfondies en arts plastiques. J‘ai quand même fait un atelier scolaire avec 12 enfants durant le Rendez-vous International du Carnet de Voyage. Ils ont une grande créativité. Une jeune fille a même fait un carnet de voyage avec des assiettes en papier, données pour tester les couleurs, elle a fait des trous dedans et elle les a reliées.

Que peut-on te souhaiter ?

J’ai enseigné 37 ans et demi et maintenant je profite du temps pour moi !

Je te donne un billet sans retour où vas-tu ?

Mon rêve c’est d’aller dans les iles Féroé pour la géologie et en Ouzbékistan pour la couleur des mosaïques.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Jérémy Bezard, sa technique de dessin et ses gravures sont très intéressants. Et le carnet de voyage « Vingt mille lieux sur les mers » fait par les enfants venant de La Réunion, la classe de 6ème D du collège Aimé Césaire – Etang Salé. Il faut dire que j’aime tous les stands sauf le mien !

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