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Il faut aller voir

EN TÊTE-A-TÊTE AVEC ARNAUD DE MEYER

Rencontre au cœur du festival avec l’architecte belgo-luxembourgeois Arnaud De Meyer qui nous explique comment les Urban Sketchers ont changé sa vie. Il nous parle également de son carnet « Luxembourg sketch by sketch » (éd. Comité Alstad) et des Luxembourgeois qui sont selon lui, les « hobbits » de l’Europe.

Comment es-tu devenu architecte ?

J’ai toujours dessiné depuis que je suis petit. A l’école, je dessinais dans les marges de mes cahiers. Dans les années 1970, j’ai été influencé par les premiers mangas à la télévision. J’ai toujours copié, inventé. Je voulais faire des études de BD mais mes parents ont voulu que je fasse un « vrai » métier. J’étais bon en sciences et en maths, je me suis donc lancé dans l’architecture, c’était le début des carnets, de l’apprentissage de la perspective. J’avais toujours mes carnets avec moi.

En 2012, Gabi Campanario a édité un premier carnet des Urban Sketchers avec notamment Lapin. Environ trois ans plus tard, j’ai compris que c’était une communauté, j’ai donc pris contact avec eux on a créé le collectif, Urban Sketchers Luxembourg. Je me suis rendu en 2016 au symposium à Manchester, où j’ai rencontré Lapin, c’est un monde qui s’ouvrait à moi. Ça a changé ma vie ! Ce collectif m’a permis de prendre conscience que ça peut avoir de la valeur de dessiner chez soi.

Que présentes-tu au 23ème Rendez-vous International du Carnet de Voyage ?

Je présente un recueil de croquis sur la vieille ville de Luxembourg, « Luxembourg sketch by sketch » (éd. Comité Alstad). Grâce aux Urban Sketchers, les gens découvrent aussi une ville, ses faubourgs avec plein de sujets à dessiner, la nature, les bâtiments, etc. Après le covid, j’ai trouvé que c’était le bon moment de sortir un carnet sur le tourisme de proximité au Luxembourg.

As-tu fait une rencontre marquante au festival ?

Je suis venu au Rendez-vous International du carnet de Voyage grâce aux Urban Sketchers, c’est le moment de l’année où il y a moins de sorties des Urban Sketchers donc le festival arrive au bon moment. C’est notamment l’occasion de rencontrer de nombreux illustrateurs, des univers différents et des gens bienveillants.

C’est fantastique pour moi de rencontrer des gens qui partagent une même passion. En plus, on ne ressent pas de concurrence. A chaque fois que je viens ici, je repars avec plein d’énergie.

Quels sont tes projets ?

J’aimerai faire un livre au même format que celui sur le Luxembourg mais sur le thème des châteaux auLuxembourg. Le nord du pays est constitué de vallées très étroites, très boisées. Cela a structuré tout le territoire. A l’échelle du pays, il y a d’autres choses à découvrir. Les Luxembourgeois, ce sont les « hobbits » de l’Europe, ils sont fans de leur nature, ils ont des plaisirs simples comme boire un bon verre de vin. Se balader au Luxembourg, c’est une activité contagieuse et qui fait partie du quotidien. Il y a aussi une forte communauté étrangère et on partage ces plaisirs ensemble. On devient tous ensemble fan de notre petit territoire.

Je te donne un billet sans retour où vas-tu ?

Ce n’est pas le fait de ne pas rentrer chez soi qui est dur, c’est de choisir où aller… Je suis tenté par l’Amérique du Sud. Je marcherais tout droit et j’essayerais de ne jamais revenir au même endroit. Je voyagerais à pied pour avoir le temps dessiner.

Qui est ton coup de cœur du festival ?

C’est la première fois que je rencontre Sheilasplayground, j’aime sa manière de capter les choses, sa particularité, son côté « K » mais « made in » Jakarta. J’aime le personnage, humble, perspicace, très curieuse. Elle peut faire découvrir énormément de choses à un public pas forcément attiré par le dessin.

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