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Il faut aller voir

En tête-à-tête avec Adele Heguy-Lerys

Adele Heguy-Lerys est une illustratrice franco-anglaise, vivant à Londres. Cette artiste qui depuis l’enfance est habituée à voyager nous invite au « slow travel » (voyage lent) afin de découvrir l’Islande dans un guide pas comme les autres, où se mêlent matériaux locaux, broderies et peintures naturelles.

Comment es-tu devenue illustratrice ?

J’ai fait des études d’art et j’ai toujours dessiné à côté. L’école d’art a fait évoluer ma carrière vers le graphisme. J’ai toujours réalisé des carnets de croquis pendant mes voyages. Je fais ainsi mon métier d’illustratrice et de graphiste tout en réalisant des carnets de voyage.

J’ai d’ailleurs entendu parler du Rendez-vous International du Carnet de Voyage il y a 2 ans. Je me suis rendu compte qu’il existe une vraie communauté autour du carnet de voyage, qu’il y a un endroit où on peut partager ces histoires. C’est donc l’occasion de découvrir des histoires d’aventures d’autres artistes.

Que raconte ton carnet de voyage « Slow travel to Iceland » (autoédition) ?

C’est un guide de voyage illustré. Je me suis concentrée sur l’Islande et la notion de « slow travel » car beaucoup de gens « consomment » le voyage, ils loupent alors l’essence d’un pays. En voyage en Islande, les gens passent 5 jours dans un bus, descendent du bus pour prendre une photo puis remontent dedans. La notion de « slow travel » comprend le fait de voir peut-être moins de choses mais de manière plus proche, de s’imprégner de la culture du pays et des gens qu’on rencontre. En cohérence avec cette approche, j’ai voulu faire un guide de voyage léger, pas de ceux qui répertorient tous les hôtels du pays. Il promeut les valeurs du voyage lent, pour la planète, économique et personnel.

Pourquoi t’es-tu intéressée au « slow travel » ?

Je me suis rendu compte qu’avec tous mes carnets, les moments que j’aime le plus me remémorer, ce ne sont pas ceux avec tous les touristes mais davantage les interactions humaines, les petites anecdotes.

C’est un guide de voyage avec des illustrations brodées, était-ce important pour toi d’apporter cette touche « do it yourself » ?

Le prototype du guide a été relié à la main, les illustrations sont brodées. J’aime beaucoup le côté tactile, les matières utilisées aident à la narration, j’utilise de la laine des moutons d’Islande, des pigments naturels.

Est-ce qu’il y a eu une rencontre marquante durant ce voyage ?

C’est un pays où il faut apprendre à savoir être solitaire. Dans mes illustrations, je ne parle pas d’histoire humaine même si c’est ça qui m’a permis d’accéder à ces expériences durant les 6 semaines que j’ai passées sur place. J’ai la volonté de retranscrire le silence et la sérénité qui règnent en Islande et qui nous forcent à repenser à notre condition humaine. L’Islande l’hiver seule, c’est rude.  

Où rêverais-tu de poser tes valises ?

Cette notion de poser mes valises pour de bon m’effraie. J’ai beaucoup déménagé jeune et j’ai donc beaucoup voyagé. Je ne suis pas une de ces nomades qui voyagent sans cesse mais tous les 3, 4 ans je change de pays. La stabilité m’effraie un peu. Je suis tout le temps en quête de découvrir quelque chose de nouveau et j’aime me mettre en dehors de ma zone confort.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Lyya parce que je suis allée au Vietnam et quand j’ai vu ces dessins, j’ai ressenti les mêmes choses qu’elle, j’ai trouvé que ses dessins sont assez justes.

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